12 Étapes pour créer une animation

créer une animation

Malheureusement l’animation 2D traditionnelle ne domine plus autant qu’avant dans l’industrie du cinéma d’animation, mais heureusement il n’est pas mort, car beaucoup de passionnés continuent de travailler à main lever (dessin) et préfèrent la sensation organique du dessin plutôt que la mécanique de l’animation 3D. De nombreux films comme Le Voyage de Chihiro du célèbre Hayao Miyazaki sont jugés comme l’un des meilleurs films d’animation. Il existent un grand nombre de films d’animations traditionnelles magnifiquement réalisé, et le plus récemment que j’ai pu voir est Klaus du studio SPA. Les animateurs 2D expérimentés ont beaucoup à apprendre aux animateurs 3D.

1) La visualisation

Sachez ce que vous voulez à l’avance. En tant qu’animateur il vous faut avant tout comprendre les enjeux (le scénario), ce qui motive les personnages, leurs émotions, expressions corporelles et faciales et leurs jeux d’acteur, l’enchaînement des plans, c’est à dire la manière dont une scène s’intègre entre la précédente et la suivante. Je n’ai encore jamais travaillé en studios, mais d’après mes recherches, ces indications viennent du réalisateur lui-même ou par les animateurs, tout dépend de la production sur laquelle vous travaillez. Il est important que vous ayez une idée claire du résultat, et ce dès le départ, tout en prenant compte du style et de la durée de la scène.


2) Faites des croquis préparatoires

Afin de gagner du temps, il est préférable de commencer par dessiner une série de croquis des poses-clés, exactement comme une prise de note. Il n’est donc pas obligé de dessiner parfaitement, le but étant d’avoir un visuel clair de la pose-clé que l’animateur souhaite partager. À cette étape, l’animateur ne doit pas s’arrêter au premier jet, il doit réaliser plusieurs croquis et multiplier les dessins jusqu’à obtenir le résultat souhaité. Cela vous est surement déjà arrivé(e), mais il n’est pas rare que la première idée ne soit pas toujours la meilleure, développer donc vos recherches de poses-clés jusqu’à obtenir réellement un résultat satisfaisant. Une fois que vous avez toutes vos poses-clés, filmez-les via un logiciel de montage afin d’obtenir une animatique.


3) L’importance des références

Travailler en s’aident de références vous permettra de récupérer plus d’informations auxquelles vous n’auriez surement pas pensé. Cela a plusieurs avantages comme nourrir votre mémoire interne et gagner du temps dans votre production. N’hésitez pas à vous filmer en reproduisant l’action souhaitée. Comme pour le dessin d’observation, mieux vaut faire confiance à la réalité, plutôt qu’à sa mémoire ou à des suppositions sur ce que devrait être l’action/la scène. Donc dès que possible, aidez-vous de vidéos ou d’un(e) ami(e) pour mimer l’action afin de repérer les poses-clés et ses gestes.


4) Place à l’animatique

Une fois que vous avez ébauché toutes vos poses, passez au montage et filmez l’ensemble afin d’avoir un premier résultat. Cela vous permettra de vous faire une idée du spacing, du timing et des choses à revoir si besoin. Il se peut que vous rencontriez des problèmes d’échelle dans le mouvement, c’est normal. Ici le but est de vous faire une première idée du rendu final et de la force des poses-clés.


5) Peaufinez vos poses-clés

Lorsque vous êtes satisfaits du résultat et que tout fonctionne bien, vous pouvez peaufiner les pauses-clés. Grâce à ces pauses-clés, il vous sera plus facile d’analyser la scène et de travailler le reste, comme les expressions du visage, les anticipations et autres détails. C’est à ce moment-là que l’on peaufine, ou modifie la pose-clé si besoin. Il est important à savoir qu’une animation de qualité repose sur d’excellentes pauses-clés et non uniquement sur de superbes intervalles. Plus vous mettrez de l’énergie et du temps à vous perfectionner et plus vos efforts seront récompensés. N’hésitez à « flipper » régulièrement vos images-clés pour garder un contrôle sur l’action/la scène au fur et à mesure que vous avancés. Cela vaut aussi bien pour les animateurs 2D que 3D, sur ordinateur n’hésitez pas à visualiser vos images-clés. L’animateur doit donc avoir un regard bien affûté.


6) Rejouer l’animatique avec les images-clés

Maintenant que vous avez choisi vos poses-clés, rejouez une animatique avec vos nouvelles images-clés. N’oubliez pas d’analyser les positionnements et timings de vos images et soyez irréprochable sur le timing qui doit être parfait. Prêtez attention à la durée des intervalles entre vos images-clés, et ce pour l’intégralité de votre scène, car à cette étape est destinée à vérifier que vos images-clés sont bien placées et que la séquence est aussi fluide que possible. Donc, si besoin, retravaillez vos poses-clés et rejouez l’animatique.


7) Place aux intervalles (breakdown)

Maintenant que vous avez toutes vos poses-clés, on s’attaque aux principaux intervalles, c’est-à-dire l’intervalle positionné entre deux images-clés dans le but d’améliorer le rythme de votre animation, les mouvements en arc de cercle et les poses. Attention ! Les intervalles breakdown ne sont pas toujours placés exactement au milieu de vos deux poses-clés. Corrigez vos intervalles principaux, car ils conditionnent l’enchaînement de l’action entre deux poses-clés. Jouez ou feuilletez vos images au fur et à mesure que vous avancez pour garder un contrôle sur le rythme et la fluidité de votre animation, puis rejouez le tout avec vos images-clés et vos nouveaux intervalles. Même chose, corrigez vos intervalles si besoin.


8) Ajoutez les intervalles restants

À ce stade vous devriez avoir toutes vos poses-clés et vos intervalles principaux. Passez maintenant aux autres intervalles comme vous l’imagineriez, car le rythme est toujours quelque chose de difficile à gérer, surtout pour un débutant ! Vous hésiterez surement avant de savoir combien d’intervalles sont nécessaires et où les placer entre vos deux images-clés. C’est pourquoi il vaut mieux travailler rapidement tout en tenant compte de la précision de vos intervalles. C’est après avoir lancé un test d’animation que vous vous apercevrez que des modifications sont nécessaires.


9) Testez une 1er fois votre animation

Vous avez vos intervalles grossièrement placés, il est temps de lancer un premier test d’animation. Pour la partie préparatoire, la plupart des animateurs travaillent à 2 images/seconde. Mais il est tout à fait possible de remplacer une des deux images.


10) Peaufiner vos intervalles

Exactement comme pour les poses-clés, il vous faut ici corrigez et améliorer vos intervalles, et rejouez à nouveau l’ensemble de l’animation. Si le résultat vous convient, passez à l’étape suivante.


11) Passez au clean

En 2D, il y a la phase de clean, c’est-à-dire redessiner proprement avec soin et précision tout en gardant le design original des personnages. La plus grosse difficulté est de garder une homogénéité des images et des proportions. C’est pourquoi l’étape de clean est indispensable. En clean, l’organisation reste la même, on commence par clean les images-clés, les intervalles principaux, puis le reste. Lorsque les dessins sont correctement nettoyés, un test peut être joué pour déceler les éventuels problèmes d’homogénéité, comme les proportions. Une fois que le résultat vous satisfait, faites de même avec les intervalles, et le reste.


12) Testez votre animation finale

Une fois l’étape de clean terminé, vous pouvez lancer un test d’animation de vos images. Si vous êtes satisfait de votre résultat, vous n’avez plus qu’à tout monter sur un logiciel de montage.

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